Une entreprise veut bousculer le marché de l’auto-consommation d’électricité


Beaucoup de Français aimeraient poser des panneaux photovoltaïques sur le toit de leur maison mais hésitent encore, face au coût de l’investissement et à la difficulté de trouver des professionnels compétents. C’est pour lever ces freins que le comparateur en énergie Hello Watt vient de lancer une offre d’autoconsommation solaire pour les particuliers.

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« Notre objectif est d’accompagner le consommateur dans toutes ses démarches et surtout de le rassurer », affirme Sylvain Le Fahler, cofondateur d’Hello Watt et jeune centralien qui a travaillé plusieurs années à la Commission de régulation de l’énergie (CRE) avant de monter son entreprise.


Il a ainsi créé un simulateur qui permet de mesurer en quelques minutes le niveau d’ensoleillement, compte tenu de la position de la maison, et donc d’avoir une première idée de la rentabilité du projet. Si celle-ci est suffisante, le comparateur propose un installateur avec qui il a déjà passé un contrat. C’est la grande nouveauté. Au total, une quinzaine d’entreprises ont déjà été agréées par Hello Watt. « Nous avons mis un an pour les sélectionner. Cela a été compliqué car la profession est très éclatée et souffre d’une mauvaise image », souligne Sylvain Le Fahler.

De nombreux abus

Les arnaques sont en effet nombreuses et une association des « victimes du photovoltaïque » a même été créée, il y a quelques années. C’est l’une des raisons qui explique d’ailleurs le faible nombre d’installations solaires de particuliers qui sont raccordés au réseau. Il y en a environ 40 000 en France contre un million en Allemagne, où les tarifs de l’électricité sont, il est vrai, deux fois plus chers qu’en France.


« C’est un des secteurs sur lequel nous recevons de plus en plus de réclamations et un abondant courrier des lecteurs », confirme Gwenaëlle Lejeune, juriste à l’UFC-Que choisir. Parmi les récriminations les plus nombreuses, il y a le démarchage abusif, des délais de rétractation qui ne sont pas respectés ou encore des performances d’autoconsommation inférieures aux promesses qui avaient été faites.

Les fédérations professionnelles du bâtiment ont bien tenté de faire le ménage, sans grand succès jusqu’à présent. « Mais une jurisprudence commence à se mettre en place et la tendance est plutôt au durcissement à l’égard des installateurs et des banques qui font preuve de légèreté dans l’octroi de crédit », explique la juriste de l’UFC-Que choisir.

Des installations moins chères

Le prix des panneaux photovoltaïques a été divisé par dix en dix ans, mais celui des installations n’a guère bougé, ce qui pose pas mal de questions. Certes, la main-d’œuvre représente la moitié des coûts, mais cela n’explique pas tout.


L’objectif affiché par Hello Watt est de bousculer le marché avec des installations autour de 8 000 € clé en main, avec une puissance de 3 kilowatts/crête, suffisante pour un ménage, avec dix panneaux occupant une surface de 20 m2 sur le toit. Aujourd’hui, les prix moyens tournent plutôt autour de 13 000 à 15 000 €, voire plus. « Le pari est qu’en apportant un volume d’affaires suffisant aux installateurs, ils puissent baisser leur prix », explique Sylvain Le Falher.

Consommer le plus possible ce que l’on produit

Pour les particuliers, le retour sur investissement se fait entre dix et douze ans (en fonction du niveau d’ensoleillement) alors que les panneaux ont une durée de vie de 25 ans minimum. Une partie de la production d’électricité est revendue à EDF, à 10 centimes le kilowattheure « L’objectif est vraiment de consommer soi-même le plus possible et à ne céder seulement que le surplus. Nous ne sommes plus du tout dans la logique qui prévalait il y a dix ans, où l’essentiel était de gagner de l’argent en revendant à EDF », assure le patron d’Hello Watt. Selon lui, l’installation peut couvrir entre 30 % et 60 % des besoins.


Source: la-croix.com



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