Transition énergétique : la France parmi les meilleurs élèves au monde


Le dernier indice de transition énergétique (ETI) établi par le Forum économique mondial place la France à la huitième place sur 115 pays. Si l’Hexagone est l’une des deux seules nations du G20 dans le top 10 de ce classement, c’est notamment grâce à une production d’électricité très peu carbonée, qui repose en grande partie sur la filière nucléaire.



Chaque année, le Forum économique mondial publie un indice sur l’état de préparation des pays du monde à la transition énergétique vers un modèle durable. Ce classement fait la part belle aux nations d’Europe du nord, occupantes de six des 10 premières places sur les 115 États évalués. Comme en 2019, l’ETI 2020 est ainsi dominé par la Suède, qui devance la Finlande (troisième), le Danemark (quatrième), la Norvège (cinquième), les Pays-Bas (neuvièmes) et l’Islande (10e). Soit un bilan exactement identique à l’an passé, quand la Suisse est venue bousculer l’ordre établi en s’installant en deuxième position. Dans ce tableau, l’Autriche tire également son épingle du jeu à la sixième place. Respectivement septième et huitième, le Royaume-Uni et la France sont les deux seuls pays du G20 à figurer dans le top 10 de ce classement. Leur plus proche poursuivant parmi les 20 nations les plus influentes de la planète, l’Allemagne, ne pointe ainsi qu’au 20e rang, suivi par le Japon (22e), l’Italie (26e), le Canada (28e) et les États-Unis (32e) Avec un niveau de préparation à la transition énergétique évalué à 68,7 %, la France n’améliore que faiblement son score global par rapport à 2019 (+ 0,1%). Mais pour parvenir à garder son rang, notre pays s’appuie sur « des niveaux croissants d’engagement politique, de capitaux et d’investissement et un environnement commercial innovant », selon les auteurs du classement. Plus concrètement, le système énergétique français doit notamment sa bonne position à une production d’électricité abondante, fiable et très peu émettrice de CO2 grâce à la part importante du nucléaire et des énergies renouvelables. L’atome compte en effet pour près des trois-quarts (70,6 % en 2019) du mix électrique français, contre 21,5 % pour les EnR : 11,2 % pour l’hydraulique, 6,3 % pour l’éolien, 2,2 % pour le solaire et 1,8 % pour les bioénergies. L’an dernier, cette complémentarité a permis à la France de réduire ses émissions de CO2 de 6 %. Cette baisse s’explique notamment par l’augmentation de la production d’électricité d’origine éolienne (+ 21,2%) et solaire (+ 7,8%) ainsi qu’au recul massif du recours au charbon (- 71,9 %), d’après RTE (Réseau de transport d’électricité). Au total, avec les exportations, 20 millions de tonnes de CO2 ont ainsi été économisées en 2019 à l’échelle européenne. NUCLÉAIRE : DES ATOUTS SOUS-ESTIMÉS POUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE Si ces bons résultats sont à mettre en partie au crédit du développement des énergies vertes, ils le sont également par l’efficacité de la filière nucléaire française. À en croire certains experts comme Jean-Marc Jancovici, fondateur du think-tank The Shift Project, le savoir-faire tricolore en matière d’atome constituerait le véritable atout de la France pour décarboner son mix électrique et réussir sa transition énergétique. Mais il souffre encore d’une image négative auprès des Français, notamment à cause du traitement qui lui est réservé dans les médias. « 80 % des Français pensent [à tort] que le nucléaire contribue au réchauffement climatique, illustre l’ingénieur. Or, on peut penser ce que l’on veut du nucléaire, mais casser un noyau d’uranium en deux (ce qu’on appelle la fission) n’est pas équivalent à oxyder un atome de carbone (la combustion). Pourquoi ce simple fait – et d’autres aussi élémentaires – n’est-il pas rappelé dans la presse ? » Selon lui, les risques du nucléaire seraient largement amplifiés, et ceux inhérents aux autres sources d’énergie minimisés. « Le nucléaire reste bien moins dangereux que les barrages, par exemple, affirme-t-il. En 1975, la rupture de l’ouvrage de Branqiao a causé la mort de 20 000 à 100 000 personnes en Chine. L’édification du barrage des Trois-Gorges, là aussi en Chine, a provoqué le déplacement d’un million d’habitants. Et d’après la revue scientifique The Lancet, le charbon tue 30 personnes par milliard de kilowattheure produit. » Contre seulement 0,07 pour l’atome. « Sur le plan environnemental, on n’a pas trouvé mieux que le nucléaire pour produire de l’électricité en grande quantité sans trop polluer », poursuit Jean-Marc Jancovici. Même son de cloche du côté de Maxence Cordiez, ingénieur dans le secteur de l’énergie, qui questionne l’objectif fixé par le gouvernement de réduire à 50 % la part de l’atome dans le mix électrique national d’ici 2035. « La part de l’énergie nucléaire – comme de n’importe quelle source d’énergie – dans le bouquet électrique ou énergétique ne constitue pas un objectif en elle-même. C’est un outil permettant de servir différents objectifs : décarbonation, réduction de notre exposition face à des combustibles fossiles dont les réserves s’épuisent, coût de l’énergie, indépendance énergétique…, souligne-t-il. Si l’objectif est de décarboner notre économie pour limiter le réchauffement climatique tout en préservant une partie de ce qui nous sépare de l’ère pré-industrielle, [alors] l’énergie nucléaire est nécessaire ! » Parmi les 10 premières nations de l’indice de transition énergétique, seules l’Autriche et l’Islande ne disposent pas de parc nucléaire actif, la Norvège bénéficiant directement de ceux de ses pays voisins.


Source: zegreenweb.com

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