Remplacer charbon et nucléaire par le solaire et le vent est désormais rentable


Le remplacement des centrales à charbon existantes par de nouvelles sources d’électricité renouvelable est désormais rentable, cela sans même considérer les bénéfices environnementaux. C’est ce que montre l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena) dans son rapport sur le coût de production de l’électricité renouvelable en 2019.

Dans le secteur de l’énergie, deux mondes s’affrontent : l’ancien, celui des combustibles fossiles et carbonés ; et le nouveau, celui de technologies récoltant les innombrables et inépuisables ondulations de la nature et économisant l’énergie. C’est ce que racontera régulièrement la chronique d’Yves Heuillard, ingénieur et journaliste.


La baisse du coût de production de l’électricité renouvelable est phénoménale, rapide, difficile à appréhender dans un secteur industriel à forte inertie où les investissements se sont longtemps faits dans d’énormes centrales électriques, pour des durées d’un demi-siècle. Entre 2010 et 2019, selon l’Irena (Agence internationale de l’énergie renouvelable) [1], le coût de production de l’ électricité photovoltaïque à grande échelle a baissé de 82 %. Et ce n’est pas fini : en une seule année, entre 2018 et 2019, la baisse a été de 13 %.

Une baisse si prononcée s’explique par le caractère purement électronique de la technologie. Point de puits à creuser, point de mineurs, d’excavateurs géants, de millions de tonnes de pondéreux à transporter, peu de manœuvres géopolitiques pour s’approprier les ressources, malgré l’incertitude sur quelques métaux rares : la variable économique de l’électricité n’est plus un combustible, mais une technologie qui s’élabore et progresse dans les laboratoires et se met en œuvre avec toujours plus d’économies d’échelle, son carburant relevant de la seule ingéniosité humaine.

Pour l’éolien la baisse est moindre, mais elle reste phénoménale, de l’ordre de 40 % sur les dix dernières années, 9 % entre 2018 et 2019.

Aujourd’hui, à peu près les deux tiers de l’électricité du monde sont encore produites à partir des combustibles fossiles, et près de 40 % à partir du charbon [2], de loin la source la plus polluante. Le charbon est aussi la référence économique parce que c’est la source la moins chère de production électrique. « Était », nous dit le rapport de l’Irena, qui compile les coûts de production des installations au fil des appels d’offres et des mises en service. Pour les projets mis en service en 2019, l’Irena a calculé un coût moyen de production de l’électricité solaire de 6,8 centimes de dollar le kWh (kilowatt-heure), de 5,3 centimes le kWh pour l’éolien terrestre (mais encore plus du double pour l’éolien en mer), et de 4,7 centimes pour l’hydraulique. Dans 56 % des cas étudiés, l’option renouvelable est plus avantageuse que ne l’aurait été la moins chère des options à base de combustibles fossiles. Pour l’éolien seul, les trois quarts des nouvelles installations sont plus compétitives que ne l’aurait été l’option au charbon la moins chère.


Source: repporter.net

4 vues0 commentaire